Une vie

Auteur Brigitte Gauthier

Une enfant est né dans le chaos, le sang, le risque de perdre sa mère, la tristesse, le désespoir et la colère. Le bruit d’un séjour de 5 jours d’hôpital suite à l’accouchement n’a pas effleuré les oreilles d’un père occupé à vivre sa jeunesse. Il n’y avait pas de téléphone cellulaire ni répondeur ni boîte vocale en ces temps-là et tant qu’on se tenait loin de la maison, on était pas inquiété.

Maman a récupéré lentement, anémiée par tout le sang perdu. L’enfant n’aura pas le sein mais la bouteille. C’est aussi bien parce que le sein vient avec la colère. Tout vient avec la colère en fait. L’enfant pleure son inconfort. La colère gronde d’autant plus fort. Les pleurs du bébé deviennent de la frayeur. La frayeur devient de la terreur. La colère gronde en permanence et éclate au fil des hasards de la vie. Sans raison précise. Simplement parce que trop c’est trop.

La terreur de l’enfant le rend muet. Il ne parle plus. L’enfant prend la responsabilité des humeurs de maman par contre. Comment peut-on apporter la paix et la joie alors que la colère sévit constamment en sourdine ? Le moyen le plus efficace est ne pas faire de bruit, de ne pas adresser la parole, de ne pas entrer en contact. Avec les années, c’est devenu un réflexe et déjà à la maternelle, la peur gardait la fillette loin de tout le monde. Elle est devenue une étrangère, isolée par la peur.

À la maison et ailleurs, le monde est effrayant. La fillette craint toute irritation parce que le hasard peut transformer un inconfort en un volcan en irruption. Être muette, écouter, sourire, sont les meilleures options. Le stress est constant. Le monde exprime de la colère et la fille reste en retrait. Des années de pratique n’ont que très peu transformé la stratégie.

Les mots veulent sortir mais la peur les retient. L’isolement pèse lourd. L’adolescente veut entrer en contact. Elle a besoin de se sentir écoutée et entendue. Son inhabileté à parler repousse les amies. Elle sait écouter. C’est ce qui permet les amitiés à sens unique. Les relations les plus intimes ne sont qu’une perte de temps. L’enfant est seule; très seule car elle ne sait pas s’ouvrir.

Grâce à son talent inné de séduction, la jeune femme s’attire des amoureux. Ces relations sont insatisfaisantes. L’incapacité à s’ouvrir ne permet pas l’intimité qu’elle désire. La vie passe, la femme est seule et socialement inhabile.

Le temps et l’amour bâtissent la confiance qu’elle ressent envers les quelques amis qui l’entourent avec bienveillance depuis plus de dix ans. Armée de patience et d’indulgence, les petites victoires s’accumulent. Cette femme peut maintenant parler sans crainte aux gens de son entourage y compris sa mère, longtemps redoutée. La thérapie, l’écriture, la méditation et le courage ont tous contribués au rétablissement. Maintenant âgée dans la cinquantaine avancée, cette femme ose dire qui elle est. Cette femme est celle qui vous parle maintenant.

Mon but avec ce blog est de dissiper la colère, les frustrations et la négativité. Mon but est aussi de propager le sourire, l’amour et la gratitude. Je souhaite que vous, qui lisez ces lignes, reconnaissez vos douleurs et vos douceurs. Je souhaite que la paix vous enveloppe à chaque lecture et que ce sentiment vous habite de plus en plus longtemps.

One thought on “Une vie

  1. J’aime beaucoup votre blog. Un plaisir de venir flâner sur vos pages. Une belle découverte et blog très intéressant. Je reviendrai m’y poser. N’hésitez pas à visiter mon univers. Au plaisir.

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