Chéri

Auteur Sean Kernan

Quand j’ai pris Odie dans mes bras pour la première fois, c’était un chiot en forme de marshmallow, un Golden Retriever en surpoids que j’avais sauvé d’un mauvais foyer.

À 9 semaines, il a descendu toute une colline en roulant comme une boule car ses petites jambes ne pouvaient pas supporter son gros corps.

Il a finalement grandi pour compenser en quelque sorte, mais son surpoids le rendait très flottant et faisait de lui un nageur extraordinaire. J’étais moi-même un nageur universitaire, donc c’était génial à mes yeux.

Inutile de dire qu’on s’est beaucoup amusé à la plage. Il n’a jamais été aussi épanoui que quand il récupérait sa balle de tennis dans les vagues.

Comme la plupart des chiens, Odie voulait beaucoup d’attention. À la maison, il adorait s’allonger sur mes jambes pendant que je regardais la télé. Même après des heures, il en voudrait davantage, prêt à se contenter d’une agitation occasionnelle de mes orteils.

Parfois, je massais le bas de ses pattes avant, il adorait ça – vraiment.

Nous avons vécu beaucoup de choses au fil des années et sa loyauté et son amour n’ont jamais changé, pas même une demi-seconde.

Mais comme tout et tout le monde, il a vieilli.

L’arthrite a commencé à le rendre plus lent. Et ces massages de pattes qu’Odie adorait sont alors devenus un rituel quotidien.

Il s’accrochait, prenait ses médicaments, faisait ses promenades quotidiennes, essayait de contrôler son poids.

Mais finalement le jour est venu.

Un matin, je suis entré dans le salon et il était cloué au sol, ses fesses dans un coin. Il avait parfois du mal à se lever sur mon parquet glissant, du coup ça m’arrivait de devoir l’aider, surtout dans ses dernières années.

Quand je suis allé l’aider cette fois, il s’est immédiatement effondré – anémique. Il s’était aussi mouillé, quelque chose n’allait pas du tout.

J’ai porté ses 70 kilos jusqu’au vétérinaire. Je me souviens d’avoir traversé les portes du cabinet avec un chien géant dans les bras, ainsi qu’une salle d’attente pleine de gens qui me regardaient alors que je l’amenais dans la pièce du fond, brisé et les yeux en larmes.

Je n’irai pas plus loin avec ce souvenir. Ça me rend toujours triste aujourd’hui encore, alors que je tape sur mon clavier : on sait tous ce qu’il s’est passé ensuite.

Ce ne fût pas un bon jour, ni un bon mois d’ailleurs.

Puis 3 semaines plus tard environ, le vétérinaire m’a envoyé ceci.

Et aujourd’hui encore, je peux passer mes doigts sur ces empreintes et le relief est en tout point identique à celui des coussinets d’Odie, là où il aimait se faire masser.

Je peux fermer les yeux et le sentir à mes côtés. Couché sur mes jambes, qui attend la prochaine agitation de mes orteils.

http://bit.ly/2YxP67L

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